Dossier : les nano-emballages, des risques environnementaux encore mal définis

Merveilleuses les nanotechnologies ? Pas si sûr… En effet, l’augmentation de leur utilisation pourrait engendrer des dégâts sur l’environnement et la santé humaine. L’évaluation de la toxicité des nanoparticules est complexe, et tous les paramètres ne sont pas encore maîtrisés.

 

Impact sur l’environnement

Rejetées dans l’environnement, les propriétés particulières des nanoparticules peuvent engendrer des effets indésirables.

Actuellement les concentrations des nanoparticules dans l’environnement (air, eau, terre…) sont plus faibles que les concentrations susceptibles de provoquer des effets toxiques, ce qui indique un niveau de risque faible.  Néanmoins, ces prévisions peuvent encore changer, avec l’arrivée de nouvelles études concernant les nanoparticules.

De plus, les chercheurs maîtrisent encore mal la capacité d’accumulation et la stabilité des nanoparticules dans l’environnement. Ces phénomènes sont en effet difficiles à prédire, car ils dépendent des caractères physiques et chimiques des nanomatériaux, mais aussi des caractéristiques du milieu récepteur (la diffusion et l’accumulation seront différentes dans l’eau ou dans l’air par exemple). Les travaux de modélisation actuels semblent toutefois assez proches de la réalité.

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Impact des nanoparticules sur les organismes vivants

doriCertaines études ont tenté d’analyser l’impact des nanoparticules sur les organismes aquatiques. Il a été montré que la présence de nanoparticules de dioxyde de titane dans l’eau facilite l’accumulation de cadmium (composé toxique et cancérogène) dans les viscères et branchies des poissons. Chez les oiseaux, il semblerait que les nanoparticules diminuent le taux d’éclosion des œufs, et conduisent à l’ulcération des tissus chez les nouveau-nés. Il a également été montré chez des cailles que les nanoparticules d’argent, présentes à haute concentration dans l’eau qu’elles buvaient, affectent leur microflore intestinale.

Peu de scientifiques ont étudié l’absorption et l’interaction des nanoparticules par les plantes. L’un d’entre eux a cependant trouvé qu’il y existait un lien entre la quantité de nanoparticules d’argent qui sont accumulées dans le phytoplancton et la toxicité qu’elles engendrent pour cet organisme : plus la concentration de nanoparticules d’argent dans l’eau est importante, plus celles-ci s’accumulent dans le phytoplancton. Plus elles s’accumulent, plus elles libèrent d’ions argent, et plus la toxicité sera importante.

Les risques semblent minimes…. mais les connaissances doivent être approfondies

L’intérêt de la communauté scientifique pour les nanoparticules est très important, car celles-ci représentent un enjeu majeur pour les années à venir. Les connaissances augmentent donc de façon rapide, mais le domaine est loin d’être arrivé à maturité. Il est indispensable, avant toute utilisation à grande échelle des nanoparticules, d’établir des modèles clairs concernant leur dispersion dans l’environnement et les effets qu’elles engendrent, et de prévoir des moyens efficaces d’élimination et/ou de recyclage des nanomatériaux après utilisation.

Les prédictions actuelles suggèrent que les concentrations dans l’environnement sont plus basses que celles susceptibles de causer une toxicité pour l’Homme, les animaux et les plantes. La présence de nanoparticules dans l’environnement pourrait peut-être même être bénéfique. Elles permettraient de réagir avec les polluants présents dans l’environnement, et donc de détoxifier les milieux. Cela permettrait de réduire le coût de nettoyage à grande échelle de milieux contaminés par des rejets industriels, par exemple.




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