L’étiquetage nutritionnel Carrefour au cœur de la polémique

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La semaine dernière, l’annonce de la mise en place d’un nouvel étiquetage nutritionnel par Carrefour a fait vibrer l’actualité de la grande distribution. En effet, à quelques jours de la présentation en conseil des ministres de la loi sur la santé, dont cette mesure devrait faire partie, le distributeur a créé la surprise en proposant un système de quatre pictogrammes colorés indiquant la fréquence de consommation recommandée pour ses produits à marque de distributeur.

Si l’idée semble avoir été plutôt bien accueillie par les médias et consommateurs, elle a aussi suscité les critiques : source de « confusion dans l’esprit du consommateur » pour l’UFC Que choisir, potentiellement « contre-productive » d’après le CLCV*, puisque venant s’ajouter au système bientôt recommandé par le gouvernement (et donc probablement adopté par de nombreux acteurs).

Le démission en début de semaine du Docteur Didier Chapelot, membre du comité mis en place par Carrefour pour apporter son expertise en la matière, sonne une difficulté supplémentaire pour le distributeur. Le spécialiste de la physiologie du comportement alimentaire dénonce en effet l’absence de prise en compte des remarques émises par le comité.

Malgré nos requetes, la signalétique rendue publique n’a pas tenu compte de nos demandes.

Docteur Didier Chapelot

Celui-ci se serait en effet prononcé plus en faveur d’un étiquetage à 5 couleurs, tel que celui présenté par le CLCV et le professeur Hercberg, et perçu comme ayant de fortes chances d’être choisi par le Gouvernement. Le docteur Jacques Fricker, président du comité d’experts, a annoncé à la presse « regretter cette démission », sans pour autant remettre en cause les arguments du Dr Chapelot : « ce système est appelé à évoluer ». 

Véritable innovation en matière d’information consommateurs ou coup de marketing, A quelle fréquence n’a pas fini de faire couler de l’encre. Organisations, associations et scientifiques donnent tour à tour leur avis, critiquant des messages « indéfendables sur le plan scientifique », « rajoutant de l’illisibilité » plutôt que de simplifier l’étiquetage… L’annonce de la ministre Marisol Touraine, prévue pour mi-octobre, n’en sera que plus attendue.




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