Que boivent les français ?

ce que boivent les français

La consommation de boissons en France évolue considérablement depuis ces dernières années. Une étude Ifop pour C10, menée sur un échantillon représentatif de 1000 personnes, nous propose un panorama complet de l’état de la consommation en 2016, GMS et CHD confondus. Décryptage.

Les tendances régionales persistentinfo5

Rien d’étonnant en Ile-de-France, où la densité de population et de bars et restaurants est plus forte, à constater que la moyenne de consommation de la bière en CHD (31%) est plus élevée que la moyenne française (21%). Tradition oblige, pas de surprise non plus au niveau de la sur-pondération de la consommation de bière, ou encore de café filtre dans les départements du Nord (40%) versus le reste de la France (32%), et de vin rouge pour le Sud-Ouest (55% vs 45% pour le reste de l’Hexagone).

Consommation de boisson en fonction du sexe en 2016

Consommation de boisson en fonction du sexe en 2016

Une consommation d’alcool qui s’équilibre grâce aux femmes

62% des femmes interrogées déclarent consommer de la bière. C’est presque 2 fois plus qu’en 2002 ou seulement 38% d’entre elles déclaraient en consommer. La consommation de vin augmente également et passe de 72 à 78%. Cela s’explique notamment grâce au succès des aromatisés qui plaisent au public féminin (bières aromatisées et BABV).

A chaque âge sa boisson

Consommation en fonction de la tranche d'âge

Consommation de boisson en fonction de la tranche d’âge en 2016

Les divergences de consommation entre générations s’expliquent en partie par un palais qui évolue avec l’âge et modifie instants et fréquences de consommation. Les jeunes ont ainsi naturellement plus d’appétence pour le sucre, et leur consommation de jus et sodas est supérieure à celle de leurs ainés (98% en consomment presque 5 fois par semaine contre 2,5 pour les +65 ans).
En ce qui concerne la consommation de café, constat inverse : avec l’âge, la consommation augmente en moyenne de 12 points entre les 18-24 ans et les 25-64 ans (notamment avec l’entrée dans la vie active). Le vin est inter-générationnel, malgré une nette préférence du rouge pour les 65+ (58% contre 18% pour les jeunes).

Préférence générationnelle ou évolution de la consommation ?

Néanmoins, il ne faut pas confondre divergences générationnelles et évolution globale de la consommation. D’une part, concernant le marché des boissons, car la consommation d’alcool a subit les sensibilisations du ministère de la santé et la loi Evin, mais aussi car les goûts des consommateurs évoluent dans le temps.
Prenons en effet l’exemple du marché des spiritueux : il y a 15 ans, la catégorie des liqueurs modernes (liqueurs fruitées et sucrées type Malibu ou Manzana) connaissait l’âge d’or chez les 18-24 ans (+11,8% en valeur en 2002) alors que les alcools amers comme le Gin étaient boudés des jeunes (-3,2% en valeur en 2002). Depuis 2015, sur la même population cible (les jeunes adultes), la tendance complètement inverse s’observe : dédain des liqueurs modernes (-5,5% en valeur à juin 2015), et engouement pour les alcools amers comme le Gin (+1,3% en valeur à juin 2015) ou encore l’Apérol et le Jägermeister.

On ne sait pas encore lire l’avenir, mais gare à l’industriel naïf et prévoyant qui concocte dans l’ombre son innovation sur une analyse passée sans tenir compte de l’évolution de sa population cible. Des grands ont déjà mis les pieds dans le plat en arrivant trop tôt ou trop tard: Perrier avec sa gamme Fluo, sortie en plein essor de la tendance bio et naturalité, ou encore Coca-Cola en déployant C2 (l’ancêtre du Life) il y a 10 ans alors que le marché n’était pas prêt.




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