Les hypers et supermarchés en voie de disparition ?

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70% des achats alimentaires des Européens ont été effectués dans les hypermarchés et supermarchés en 2014. Mais cette part pourrait drastiquement chuter sous les 50% d’ici 2025, met en garde une étude de Bain et Company. Selon le cabinet d’études, les enseignes doivent en effet faire face à trois défis majeurs. D’une part, la désaffection pour les grands hypers, délaissés par les consommateurs et dont les coûts fixes restent élevés. Deuxièmement, la concurrence des magasins de proximité qui ont fleuri ces dernières années dans les villes. En dix ans, selon les relevés de Nielsen Trade Dimensions, leur nombre a bondi de 39% en France. Enfin, les hypers et super sont confrontés à l’inexorable essor de l’e-commerce. Les produits encombrants et conservables, comme les couches pour bébé, la nourriture pour animaux ou les produits de beauté sont les premiers concernés. Hors, ce sont ceux-là même qui génèrent les plus fortes marges et qui apportent le trafic des grandes surfaces. « Il suffit de perdre quelques-uns de ces marchés clé pour que cela affecte l’ensemble du modèle économique », met en garde Bain & Company.

Dans son scénario le plus pessimiste, le cabinet d’études prévoit une réduction moyenne de 10% de la taille des super et hypers en Europe d’ici 2025, une chute de 20 à 50% du nombre de références avec un rétrécissement du linéaire en conséquence, et un effondrement des marges pouvant atteindre 40%. Cette étude n’est pas la seule à montrer que le modèle de l’hyper a du plomb dans l’aile. Kantar Worldpanel révélait en mars que la part des ménages fréquentant ces magasins avait perdu 2 points en 5 ans à 68,1%. Et le panier moyen a rétréci en une seule année de 17,5 articles à 16,6 articles en 2016.

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Ne pas subir la transformation à venir

Comment résister ? « D’abord en simplifiant au maximum son assortiment », préconise Bain & Company. Mais pas question de couper ses références à l’aveuglette : une analyse doit être menée sur chaque produit et chaque fournisseur afin de déterminer les plus stratégiques et les plus adaptées à sa clientèle. Ensuite, les enseignes doivent profiter de la consolidation du secteur. Les nombreuses alliances passées ces dernières années (Auchan-Système U, Intermarché-Casino, Carrefour-Cora…) doivent permettre des économies d’échelle en pesant sur les prix d’achat. Elles doivent aussi être l’occasion de rationaliser son réseau (même si l’exemple des Hypers U réticents à passer sous pavillon Auchan prouve que la tâche n’est pas évidente). Dans tous les cas, une réduction de coûts s’installe au niveau de l’administration et de la structure de management s’impose. En 2014, Auchan a par exemple annoncé 800 suppressions de postes d’encadrement et la création de 500 postes « au contact de la clientèle ». Dernier conseil : capitaliser sur le digital. Plutôt que de trembler devant la concurrence d’Amazon, les distributeurs doivent se saisir les nouvelles opportunités du numérique. De nombreux outils de gestion de données permettent par exemple de mieux connaître ses clients en pistant son parcours dans les rayons, en analysant ses habitudes d’achat pour lui proposer des offres adaptées. Les réseaux sociaux sont une autre occasion d’établir un lien direct avec le client.

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Il y a 3 commentaires

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  1. Team Creatif

    Bonjour,

    Il y a une faute dans le titre, il faudrait mettre « en voie de disparition » à la place de « de voie de disparition ».

    Bien à vous.

  2. gilles jameux

    bonjour,
    dans les années 70 et 80, le sujet de votre article aurait-été la mort du petit commerce.
    Il est amusant de voir aujourd’hui, que la boulimie de la grande distribution l’ai rendu malade.
    Un régime s’impose, l’idée que ces enseignes se réunissent pour réussir leur cure d’amaigrissement est intéressante à condition qu’elle n’amène pas à une uniformisation de l’offre et à un accroissement de la pression sur leurs fournisseurs qui sera les desservira au final.
    il ne faudrait pas que le remède soit plus nocif que la maladie.


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