Un nouveau logo nutritionnel en avril

Nutri-score

Le Nutri-Score remporte le test. La Ministre de la santé, Marisol Touraine, a tranché ce mois pour le logo nutritionnel du professeur Serge Hercberg, destiné à mieux communiquer sur les qualités nutritives des produits alimentaires industriels auprès des consommateurs.

Pendant un trimestre et dans 40 magasins franchisés, le Fond français pour l’alimentation et la santé a testé en situation réelles quatre solutions d’affichage nutritionnel différentes afin de mesurer leur impact sur les habitudes de consommation des Français. Le Sens, Nutri-score, Nutri-couleurs et Nutri-repères indiquaient de manières différentes et plus ou moins détaillées la qualité nutritionnelle des produits. Parmi les quatre alternatives, c’est donc le Nutri-score qui a retenu l’attention de Marisol Touraine et qui pourra être utilisé par les industriels à partir d’avril. L’apposition du code couleur composé de cinq nuances entre le vert et le rouge, complété des lettres A à E, se fera sur la base du volontariat. En effet, l’Europe interdit à la France de rendre cet indicateur obligatoire. La Ministre compte alors sur la mobilisation des consommateurs pour faire de son indicateur une norme.

Le Nutri-score a remporté la préférence de la Ministre de la Santé après avoir été mis en compétition avec trois autres systèmes.

Les résultats de l’enquête ont révélé que trois des solutions testés ont permis d’agir sur le comportement des consommateurs. Seule la version la plus complète et austère (Nutri-repère) n’a pas fait suffisamment réagir les acheteurs pour être prise sérieusement en compte par la Ministre qui a finalement tranché pour la solution initialement retenue. Celle là même qui avait fait bondir les industriel en janvier 2016, lors de la loi Santé, craignant la stigmatisation des articles fichés en rouge. La solution de la FCD (Le Sens) et celle utilisée outre-Manche (Nutri-couleurs), n’ont pas retenu l’attention du gouvernement qui devrait révélé prochainement les résultats détaillés de l’étude.

2,2 M€ de test

C’est donc la fin d’un feuilleton qui s’opère (Lire : Labels nutritionnels, la grande cacophonie). L’action orchestrée par les industriels n’aura pas servi leur cause, mais il aura allégé les caisses de l’Etat de 2,2 millions d’euros pour le simple test. Au contraire, un certain nombre de consommateurs ont perçu l’initiative des marques comme une pression de lobbyistes pour défendre leurs intérêts au détriment des consommateurs. Une pétition avait par ailleurs reçu plus de 250 000 signatures pour encourager la Ministre à imposer la solution que les consommateurs jugeaient la plus adaptée… celle du Nutri-score. Comme pour rajouter un épisode à cette saga déjà bien agitée, le magazine Linéaires avait également identifié une application discutable de la méthodologie lors d’une visite mystère dans un magasin pilote en novembre 2016. Une négligence aussitôt reconnue par l’organisateur qui s’était justifié en expliquant que le test avait pris du retard et qu’il ne démarrerait réellement que lorsque la machine serait correctement lancé.




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