Vendée Globe : les marques font le tour du monde

Charal voile sponsor

Ca y est, le départ du Vendée Globe a été donné dimanche dernier, et ce sont pas moins de 33 marins (un record) qui se sont élancés sur cette course mythique. Véritable bêtes technologiques, les voiliers Imoca n’ont jamais été aussi rapide, pour le plus grand plaisir des amateurs de voile…et des marques qui les accompagnent. Symbolisant l’exploit sportif, la nature, le courage, l’aventure, l’épopée des marins autour du monde est inspirante et les marques qui les soutiennent souhaitent surfer sur ces valeurs positives pour séduire les consommateurs.

Comme nous l’avions fait pour le Tour de France il y a quelques semaines, voici un tour d’horizon des sponsors des PGC et de la distribution engagés sur ce Vendée Globe.

Le Vendée Globe, vitrine autour du monde

Afin de boucler leur budget, chaque équipe fait appel à des sponsors qui sont attirés principalement par la visibilité que le Vendée Globe peut apporter. En effet, les chiffres de la dernière édition en 2016 communiqués par l’organisation sont impressionnants :

  • 45 000 sujets relayés par les médias (TV, presse écrite, web, radios…)
  • 198 millions d’euros de valorisation brute média en France
  • 10 millions de visiteurs uniques sur le site internet du Vendée Globe
  • 71 millions de vidéos vues
  • 74 : le nombre de fois où chaque français a été atteint via les médias pendant la course
  • 2,25 millions de visiteurs sur le village-départ

Entre les 33 bateaux en course et tous les dispositifs possible via la société d’organisation, nombreuses sont les possibilités pour les marques d’embarquer pour le Vendée Globe.

Sodebo, l’historique

En 1998, alors que Sodebo n’était connu que de 5% des français, l’entreprise vendéenne fit le choix de s’investir dans la course au large. Depuis, sa notoriété dépasse les 95% et ce choix de la voile n’y est pas étranger.

Actuellement, Sodebo dépense désormais 2,5 millions d’euros par an pour soutenir Thomas Coville, qui navigue aux couleurs de la marque depuis 1999 entre transats, tours du monde ou tentatives de records. Le bateau actuel, un multicoque Ultim’ (la classe de bateaux la plus grande) a coûté à lui seul la bagatelle de 10 millions d’euros dont 4 financés par Sodebo.

Parmi ce qui nous rassemble, il y a l’exigence, le goût du challenge, la recherche d’innovations, le respect et bien sûr le bonheur du travail en équipe, la confiance, le désir d’entreprendre et d’oser

Patricia Brochard, Coprésidente de Sodebo

Sur ce Vendée Globe, Sodebo est partenaire majeur de l’évènement, il n’y a donc pas de bateau à son nom mais la marque est présente à ce titre sur toutes les voiles des concurrents, lui assurant ainsi une visibilité continue. Pour ce partenariat, la marque a déboursé 4 millions d’euros, un montant conséquent mais raisonnable pour un groupe qui réalise plus de 400 millions de CA annuel.

En 2018, Pascal Cadorel, Responsable de la Communication chez Sodebo, indiquait que début le début de l’aventure, le sponsoring de la voile avait rapporté à la marque l’équivalent de plus de 150 millions en retombées indirectes.

Les collaborateurs de l’entreprise sont très investis dans ce partenariat et auront fort à faire pour suivre simultanément le Vendée Globe et le Trophée Jules-Verne, où Thomas Coville essaiera de batte le record du tour du monde à bord de Sodebo Ultim’. Alors que les employés de Sodebo n’ont pas pu se déplacer sur le village-départ cette année, une « Place des Tours du Monde » a été crée au sein du siège vendéen de la marque pour suivre ces évènements, et des repas thématiques seront créés au restaurant d’entreprise pour fêter le passage aux 3 caps.

Parmi les autres partenaires de la société d’organisation du Vendée Globe, on retrouve également Kronebourg , Thomas Brioche ou le E.Leclerc des Sables d’Olonne en tant que fournisseurs officiels, statut qui demande un investissement minimal de 250 000 euros d’apport marchandise et/ou numéraire. (Source : Tip & Shaft)

Charal, le favori

Avec Jérémie Beyou, le bateau Charal fait partie des grands favoris de cette édition 2020. Véritable bête technologique, ce bateau a déjà participé a plusieurs grandes courses comme le Vendée Globe en 2018, qui fut d’ailleurs l’année du retour de Charal dans la voile, la marque ayant déjà sponsorisé des bateaux en 1989 avec Loïc Peyron et en 1993 avec Olivier de Kersauson.

Jérémie Beyou étant un amateur de viande, il se fait un plaisir d’emporter avec lui des plats préparés par…Charal bien sûr!

Contrairement à d’autres bateaux, Charal a fait le choix d’être le seul sponsor, ce qui l’oblige à assumer seul la totalité du budget, qui s’élève entre 2 à 3 millions d’euros par an, en plus du bateau, qui coûte environ 4,5 millions d’euros. Cependant, cela permet à la marque de maîtriser totalement sa communication et d’avoir un bateau uniquement aux couleurs de Charal. Lors du lancement de ce partenariat, la marque estimait que « investir dans la voile équivaut, par an, à une grosse vague télé d’environs trois semaines » et que cela ne génèrerait pas d’augmentation du budget communication.

En magasin, les commerciaux Charal ont sorti la grand voile pour le Vendée Globe

Tout comme Sodebo, Charal est toujours un des partenaires qui valorise la plus sa visibilité sur le village-départ afin de séduire le plus grand nombre des visiteurs. Cette année, cette possibilité a été limitée en raison de la situation sanitaire, mais Charal comptait bien compenser cela avec un bateau que l’on devait voir souvent en tête de course. Malheureusement, en ce début de course c’est surtout à cause d’un soucis technique que le bateau fait la une de l’actualité, avec un retour aux Sables d’Olonne pour effectuer des réparations.

Maître Coq, la passion voile

Présent depuis 1992 dans la voile, Maître Coq n’en est pas à sa première course. L’entreprise vendéenne sponsorise d’ailleurs une course qui porte son nom, la « Solo Maître Coq » qui réunit tous les ans les plus grands noms de la voile en classe « Figaro ».

Depuis septembre 2018, alors que son ancien skipper Jérémie Beyou a rejoint Charal (voir ci-dessus), Maître Coq a choisit de soutenir le skipper Yannick Bestaven, marin expérimenté à la recherche d’un partenaire pour l’accompagner sur le Vendée Globe. Sur les réseaux sociaux, la marque communique allègrement sur la voile et n’hésite pas à lier voile et gastronomie.

Soutenir un bateau de course est l’occasion pour la marque de booster sa communication, mais aussi de faire vivre l’expérience de la course au large au plus grand nombre. Ainsi, le skipper réserve 12 journées par pour emmener des collaborateurs ou clients de son sponsor, qui organise des concours afin de promouvoir ce partenariat. Chez Maître Coq, on indique que « le projet passionne, fédère et engage tout autant qu’il sert la notoriété et l’image de la marque. »

Campagne de France, en quête de notoriété

Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais a les épaules suffisamment solide pour être sponsor-titre d’un bateau du Vendée Globe. Le budget annuel du bateau de Miranda Merron (environ 300 000 euros) est bien inférieur à celui des grandes écuries ce qui ne l’empêche pas de participer aux plus grandes courses, parfois en duo avec son compagnon normand Halvard Mabire. Campagne de France est la marque de Maîtres Laitiers du Cotentin, une coopérative normande regroupant 751 exploitations laitières.

En magasin, Campagne de France (qui peut être achetée dans certains magasins U) entend bien profiter du Vendée Globe pour accroître sa notoriété. Pour l’occasion, la marque a habillé ses yaourts aux couleurs du bateau de Miranda Merron pour surfer sur l’évènement en rayon.

La Fabrique, les biscuits suisses qui voulaient conquérir la France

Seul skipper suisse de l’épreuve, Alain Roura est à tête du bateau La Fabrique, nom de la marque de biscuits son sponsor-titre helvète, le groupe Cornu. Après un premier Vendée Globe en 2016/2017, la marque suisse a rempilé pour 4 ans, espérant en profiter pour développer sa marque en France.

Animation de La Fabrique au E.Leclerc Saint-Malo lors de la dernière Route du Rhum

Force est de constater que l’objectif n’a pas été rempli depuis et la distribution de la marque est bien trop faible pour continuer à assumer un budget sponsoring aussi important.  « Il faudrait être référencé 50 ou 100 fois plus » indiquait récemment à SportBusiness Cyril Cornu, responsable de la communication. C’est donc la fin d’une aventure pour La Fabrique et Alain Roura, qui se termine tout de même en beauté par ce Vendée Globe.

Sans partenariat-titre, difficile d’exister

Si le ticket d’entrée est beaucoup plus accessible pour les marques quand le nom du bateau porte le nom d’une autre marque, il est pour autant plus difficile de valoriser son sponsoring.

C’est néanmoins le choix de plusieurs acteurs, qui sont nombreux à soutenir des bateaux souvent plus modestes, et qui au contraire de Charal ne peuvent pas boucler leur budget avec un sponsor unique.

Retrouvez ci-dessous toutes les entreprises des PGC partenaires d’un bateau sur le Vendée Globe.

SkipperNom du bateauSponsor PGC
Fabrice AmedeoNewrest Arts & FenêtresBrioches Pasquier
Romain AttanasioPURE – Best WesternFamille Mary,
Fruits Rouges & Co
Yannick BestavenMaître Coq IVMaître Coq
Jérémie BeyouCharalCharal
Louis BurtonBureau Vallée 2BIC
Kévin EscoffierPRBLa Fournée Dorée
Miranda MerronCampagne de FranceCampagne de France
Alan RouraLa FabriqueLa Fabrique
Sébastien SimonArkéa – PaprecGroupe SILL (Malo, Le Gall, Le Petit Basque, Grandeur Nature…)
Armel TriponL’OccitaneL’Occitane

Chacune de ces marques engagées dans la voile sont désormais sur le pont pour suivre le parcours de leur skipper et nul doute que les prochaines semaines seront riches en émotions, tant pour les malheureux qui subiront des avaries que pour les valeureux qui se battront pour la victoire.




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